Compagnie emmanuel grivet
Danse contemporaine toulouse
Danse contact improvisation
Improvisation écriture instantanée
Cours stage danse contemporaine
Altérité(s) ou la peau du monde
Beaucoup de mon travail actuel, -
Le regard que chacun porte sur le monde, sa manière d’être présent à la vie, de se
relier et de s'engager, sont complètement personnels et totalement singuliers, sans
doute beaucoup plus que nous ne l’envisageons ordinairement (il suffit, pour s’en
apercevoir, de demander à deux personnes de décrire la même scène, ou de faire parler
un homme et une femme sur leur relation commune). Et même beaucoup plus encore que
nous n’osons l’imaginer. Comme si l’altérité était un danger par essence, et la différence
une anomalie de la nature à gommer. Comme si nous avions besoin de nous reconnaître
semblables pour nous permettre d’exister différents. Peut-
De là découlent évidemment les questions de la communication et, au delà, de « l'être
ensemble ». Comment se rejoindre, comment échanger, comment être et faire ensemble
à partir de ce constat ? Je crois, à contre courant des idées reçues mais directement
lié à l'expérience du travail, que plus la singularité d'un être est forte, posée,
assumée, plus l'acceptation de l'autre « Autre », de ses besoins, de ses désirs,
de ses propres singularités est aisée. Comme une compréhension interne, intime, de
sa nécessité, comme une empathie de son être-
Cette position spontanément inhabituelle -
La peau du monde est ce voile au-
Pourtant rien ne change. Cette membrane invisible qui sépare et relie, laisse les
arbres être arbres, le ciel bleu, le monde être monde, et l'autre être frère, amant,
voisine ou étranger. seul le regard se décale et nous place au bord du gouffre, dans
la matière vivante et changeante des choses, dans la texture inconnue de l'émotion
d'être. Emotion d'être soi-
Emmanuel Grivet, octobre 2002
(1) qui développent et protègent des valeurs identiques et exclusives.