Compagnie emmanuel grivet

Danse contemporaine toulouse

Danse contact improvisation

Improvisation écriture instantanée

Cours stage danse contemporaine

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Le clou dans la planche, 03/10/2010

Jacques Olivier Badia

 

TIME IS / OVER

 

Tempus vincit omnia (le temps vient à bout de tout)

L'homme par tous les temps

(…) Car tel est le danseur dans cette pièce affrontée à l'instant : marcheur, après que la pendule ait cliqueté tout son soûl dans le noir, arpenteur aux bras immobiles de lignes perpendiculaires, vif et mécanique. Du moins jusqu'à ce que la machine se dérègle, que la rupture s'interpose dans le rythme jusqu'à faire du marcheur sûr de ses voies un pantin désarticulé, plus tard un nageur ivre dans un cercle de lumière, jouet d'un temps inconnaissable, sans plus de cause que de but.

(…) Vaudrait-il mieux le temps des villes, cette durée compressée, ce mouvement accéléré par l'invention mécanique ? Qu'importe, finalement : même vêtu de ses oripeaux d'animal social, l'homme reste nu face au temps, ce mouvement sans substance qui n'existe que par l'évolution de la matière, de la conscience. Ainsi la disparition de l'homme annule-t-elle le temps, et seuls restent le noir et le silence.

De l'intemporalité de l'instant

Selon son créateur même, Time is / over  (titre éloquent s'il en fut, et bien dans la manière contemporaine) n'est pas une pure pièce dansée ; ce serait plutôt – et là c'est nous qui le disons – l'expression visuelle et gestuelle du rapport de l'homme au temps. Emmanuel Grivet s'est appuyé pour cette étude sur les apports de la physique à la compréhension du temps, de ses cycles et de son élasticité (qu'on pense ici aux curieux comportements du temps qu'imposent la théorie de la relativité autant que ses développements et tempéraments), comme sur les réflexions menées par Jan Colleman et Ian Lungold à partir du calendrier maya autour de la compression, de l'accélération contemporaines de ce qu'on pourrait appeler le "temps social".

(…) Il y a donc dans la pièce de la marche, beaucoup, donnée comme le symbole primordial de l'inscription de nos actions dans la temporalité, et tout de même assez de danse. Du vide, de l'obscur, du lent conjoint à l'immobile.